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Nous sommes des cobayes qui permettent aux plateformes d’envahir le terrain au maximum, de se répandre, à moindre coût avec pour seul objectif, celui de baisser le coût du travail, pour proposer des services de livraison toujours moins chers.
Il faut s’attaquer au discours politique d’un Macron qui dit qu’avant ces jeunes tenaient les murs et que grâce à ces plateformes ils ont enfin un but et un « salaire ». Ils vont faire quoi les jeunes dans quelques années, quand Uber aura créé la voiture autonome ou livrera par drones pour faire les livraisons ? On va vers une société de plus en plus violente, à l’image de la violence sociale de ces entreprises. Ils vont passer de travailleurs à révoltés !
Pour supprimer cette précarité organisée, il faut s’organiser : avec plusieurs autres livreurs, nous voulons porter les valeurs de l’ESS, l’économie sociale et solidaire. « Social » et « solidaire »… Ce sont justement ces deux « S » que ces boîtes nous ont volés.
Ces plateformes de l’ubérisation parlent d’une soi-disant « économie collaborative ». Ça ne veut rien dire. Il n’y a rien de collaboratif dans le fait de se faire exploiter et de n’avoir aucun statut social. (...)
L’économie collaborative fait trembler l'économie traditionnelle qui repose sur une autre façon d'organiser la richesse avec des producteurs, des réseaux de distribution et des consommateurs bien séparés et bien régulés. Mais surtout parce que les Etats assurent leur financement par les taxes et les impôts prélevés sur cette organisation de l'économie, que l'économie collaborative se propose de rendre obsolète.
Donc bien avant de se poser la question de savoir si l'économie collaborative pouvait, dans certains domaines, être un modèle de société, ou une forme d'efficacité des services (énergétique, sociale,...) via des plateformes numériques, les Etats s'intéresse à sa taxation pour faire d'une pierre deux coups: la freiner dans son développement et assurer des revenus futurs si elle se développe.
Après les taxis, Uber s’attaque à la livraison de repas à domicile. UberEats vient de se lancer en France, où les applications numériques de livraisons sont déjà nombreuses. La finalité, elle, reste la même. Transformer les salariés en autoentrepreneurs pour ne plus verser de cotisations patronales.
« Nous sommes revenus en 1909, quand le Code du travail n’existait pas encore, enrage Jérôme Pimot. Beaucoup ont oublié qu’il a été créé pour protéger les travailleurs après la catastrophe de Courrières. Veut-on en revenir à cette période ? » Il martèle à qui veut l’entendre que le phénomène n’est pas isolé. On est face à un choix de société, incarné par la place de la République. « D’un côté, il y a la Nuit debout et l’envie de construire un monde solidaire et juste, et, de l’autre, c’est le retour de Germinal drapé derrière la révolution numérique. Que voulons-nous choisir ? »