Site de Yann Arthus Bertrand
Multitudes est une revue politique, culturelle et artistique à parution trimestrielle.
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Information géographique de référence : cartes, photographies aériennes, bases de données géographiques.
Débat avec Joel Rosney (La révolte du pronetariat)
À travers son livre, Rosnay mentionne l’innovation technologique que représente l’Internet et ce qui s’y trouve. Il rappelle d’où nous viennent l’initiative et l’origine, soit de la Défense américaine (p.36). L’innovation a éventuellement été diffusée au monde entier dans les années 90. Un des aspects révolutionnaires du nouveau médium est qu’il incluait à la fois du texte, du son et de l’image (p. 41). Les sites web sont apparus par la suite, puis les blogues, les podcasts, les vlogs, l’arrivée du WIFI qui permettait d’avoir accès à Internet sans fil (p. 61), etc. L’apparition des services a suivi de prêt, notamment les moteurs de recherche tels que Yahoo, MSN et Google. Skype permettait de « téléphoner n’importe où dans le monde […] à prix réduits » (p. 73). eBay et Amazon quant à eux permettaient d’acheter de la marchandise physique en ligne et de se la faire livrer (p 75). Même la publicité a fini par se retrouver sur Internet. Il y eut ensuite le développement de certains réseaux sociaux où les internautes pouvaient partager leur vie par écrit ou par photo: MySpace.com, PostSecret, Flickr.com … (p. 183-184) À l’aide de tel réseaux, les utilisateurs d’Internet sont devenus de plus en plus connectés. Ce changement de relation représente la vocation d’Internet: « connecter des personnes à d’autres personnes au même moment pour des activités partagées. » (p. 50)
Livre téléchargeable, sous licence CreativeCommons - BY-NC-ND :
http://www.pronetariat.com/livre/
Avec le logiciel libre, les « hackeurs » ont imposé une éthique de la programmation, mettant en avant libertés individuelles et collectives (le droit de copier et de modifier les programmes, ainsi que d’en lire le code source pour les comprendre et s’en inspirer) et bien public (la création d’une myriade de logiciels à disposition de tous). Cette anthologie présente - dans des traductions soignées - les analyses et essais « visionnaires » sur lesquels se fonde ce mouvement (Richard M. Stallman, Bruce Sterling, John Perry Barlow...), sans masquer les contradictions entre tenants de l’« idéologie californienne » - qui y voient un système de concurrence parfaite - et promoteurs d’une démarchandisation des activités humaines. Originalité, ce livre est également « libre » : l’éditeur ne met aucune entrave à sa copie et à sa circulation.
"Dans les sociétés modernes, la hiérarchie de la richesse et du pouvoir est censée refléter les degrés de capacités de la population. La seule richesse ou la naissance ne justifient plus le privilège. Maintenant ce sont l'éducation et la compétence qui ont cette fonction. Voilà la thèse fondamentale de la technocratie post-industrielle. Bien sûr, la technocratie est davantage une idéologie qu'une réalité. Bien que le progrès technologique ait réellement transformé la bureaucratie moderne, l'administration technocratique dans les sociétés socialistes et capitalistes avancées trouve des justifications à l'exercice du pouvoir par les élites politiques et économiques; elle ne les remplace dans aucune de ces sociétés."
"Dans les sociétés modernes, la technologie constitue une puissance qui dépasse dans nombre de domaines le système politique lui-même. Les maîtres des systèmes techniques, les dirigeants militaires et de grandes entreprises, médecins et ingénieurs, contrôlent bien davantage le développement de la croissance urbaine, l'agencement des logements et les systèmes de transport, le choix des innovations, et nos pratiques de salarié, patient, et consommateur, que la totalité des institutions électives de notre société.
Mais s'il en est ainsi, on devrait considérer la technologie comme un nouveau champ de législation, peu différent des autres sphères de décisions publiques (Winner, 1995). Les codes techniques qui façonnent notre vie reflètent des intérêts sociaux particuliers auxquels nous avons délégué le pouvoir de décider où et comment nous vivons, quel genre de nourriture nous mangeons, comment nous communiquons, nous nous divertissons, nous guérissons, etc. L'autorité législative de la technologie augmente constamment à mesure qu'elle se fait de plus en plus envahissante. Mais si la technologie est si puissante, pourquoi n'est-elle pas soumise aux mêmes normes démocratiques que nous imposons à d'autres institutions politiques? Par rapport à ces normes, il est évident que le processus de conception technique existant est illégitime.
Malheureusement, les obstacles à la démocratie technique sont de plus en plus considérables. La technocratie en fait partie, qui présente des arguments persuasifs pour la passivité. Ceci corrompt tous les aspects de la vie démocratique, mais c'est particulièrement inquiétant dans la sphère publique technique, qui fait face directement au pouvoir technocratique sans le bénéfice de formes et de traditions démocratiques offrant au moins un semblant de participation. Le droit même du public de s'impliquer dans les affaires techniques est constamment remis en question. Dans la sphère technique, dit-on, la légitimité relève de l'efficacité plutôt que de la volonté du peuple, ou plutôt, l'efficacité est la volonté du peuple dans des sociétés modernes qui se consacrent avant tout à la prospérité matérielle."
Blog de Lionel Dricot
Maintenant sur http://ploum.net/