"La colère est un levier puissant pour combattre les injustices et les inégalités dans la société et dans le monde. « Quand ses conditions de vie sont insupportables, par exemple, on a le droit de descendre dans la rue en hurlant sa colère. C’est une colère saine, pour la dignité, pour la restauration de l’estime de soi. Cela ne signifie pas que si on croise quelqu’un qui pense différemment de soi, on va lui casser la figure. Il a le droit de donner son point de vue. On va discuter avec lui. Ce n’est pas pour autant qu’on va taire sa colère ».
Mais une colère légitime peut aussi être l’objet de manipulations, dénonce le psychiatre. Et nourrir la haine de l’autre. C’est ce que font les partis populistes. « Ils disent aux gens : ‘On va vous expliquer pourquoi vous vous sentez incompris, malmenés, méprisés’. Pour le faire, ils choisissent la solution la plus simple qui soit : une cause unique à tout. Et cette cause unique à tout, ce sont les émigrés. Ils poussent les gens à passer d’une colère légitime, d’indignation, de protestation à une colère archaïque, de nouveau-né, de toute-puissance. C’est pour cela que je dis que la régression démocratique est aussi une régression psychique et que la régression psychique est aussi une régression démocratique »."
La colère et le chagrin. D’une émotion intime à sa mobilisation sociale, Serge Tisseron (Albin Michel)
"La tentation serait pourtant d’y voir la preuve d’un manque de respect généralisé. L’étude nuance ce jugement. Si le tabagisme s’est socialement concentré dans certains milieux, le geste de jeter un mégot traverse toutes les catégories. Il dépend souvent de circonstances très concrètes : l’attente, la consommation d’alcool, l’effet de groupe, l’absence de cendrier ou simplement une habitude ancienne. Surtout, une minorité de personnes – et de mégots – suffit à transformer l’apparence d’un lieu. Selon les spécialistes interrogés dans cette enquête, 10 à 20 % d’individus indifférents peuvent dégrader durablement un espace et enclencher ce cercle bien connu des urbanistes, qu’on pourrait résumer à cette formule : «Le sale appelle le sale.»
Mais au-delà de la question des déchets, ce que révèle vraiment cette enquête touche au cœur du lien civique. La propreté d’un lieu reflète souvent le degré d’appropriation collective de l’espace public. Là où les habitants, les commerçants et les usagers se sentent responsables d’un quartier, les comportements respectueux se diffusent plus facilement. À l’inverse, l’anonymat, la surfréquentation ou l’absence de lien social favorisent les incivilités du quotidien.
Observer les mégots n’a donc rien d’anecdotique. Derrière ces petits déchets se cache un enjeu bien plus vaste que la propreté urbaine : notre capacité à considérer l’espace public comme un bien commun. En somme, ce que nos mégots disent de nous, c’est notre manière de faire société."
La France vue du sol. Quand la géographie des mégots révèle les mutations des territoires, par Jean-Laurent Cassely, Institut Terram, janvier 2026.
Le journaliste a enquêté sur la fondation du patron de Microsoft et de sa femme. La fondation Bill et Melinda Gates, dont l'intention affichée est de lutter contres les inégalités, investirait dans des activités "peu éthiques" et "nourrirait les fléaux contre lesquels elle prétend lutter". Écoutez cette interview...
OGM et produits phyto de Monsanto, investissement dans le pétrole, la malbouffe,...
Information sur le livre de Lionel Astruc (publié chez Actes Sud) : https://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/lart-de-la-fausse-generosite
Dans Ce qu’il reste de nos rêves*, Flore Vasseur inscrit le génie du code dans la lignée des lanceurs d’alerte ayant marqué l’histoire des États-Unis. Broyé par le gouvernement américain, Aaron Swartz était l’enfant qui voulait changer le monde.
Dans cet ouvrage, Thibault Le Texier, docteur en économie et chercheur en sciences sociales, enquête sur « l’expérience de Stanford », menée par Philip G. Zimbardo en 1971. Cette expérience visait à étudier le comportement de deux groupes de sujets volontaires (des étudiants), assignés de façon aléatoire à endosser le rôle de « gardien » ou celui de « prisonnier » dans un environnement carcéral simulé (un sous-sol de l’université de Stanford). L’expérience devait durer deux semaines mais a été écourtée après six jours, en raison des comportements agressifs et déshumanisants des gardiens envers les prisonniers. Ces derniers se seraient complétement identifiés à leur rôle de gardien dans la prison, au point d’occulter leur identité personnelle. L’expérience de Stanford est devenue incontournable en psychologie sociale, du fait des conclusions que Philip Zimbardo a mises en lumière : il suffirait de placer des individus dans certaines situations pour qu’ils « fassent le mal » (p. 189). Histoire d’un mensonge livre pourtant de cette expérience une vision fort éloignée de celle présentée par Philip Zimbardo. Dans une démarche analogue à celle d’un historien, Thibault Le Texier a mené son enquête en étudiant les archives du chercheur américain (documents, photos, enregistrements...), conservées dans les universités de Stanford et d’Akron ou mises en ligne. Minutieusement recensées, ces diverses sources et références sont présentées à la fin de l’ouvrage. Ce travail sur les sources a été complété par des entretiens téléphoniques et des échanges par courrier électronique avec les participants de l’expérience et avec d’autres chercheurs.
Dans un essai édifiant, le journaliste Guillaume Pitron dévoile “la face cachée de la transition énergétique et numérique”. Selon lui, le recours aux éoliennes, panneaux solaires et autres véhicules électriques n’a fait que déplacer l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes.
Alors que l’extraction pétrolière ou les mines à charbon de jadis nous apparaissent aujourd'hui comme les plus sales des procédés, Guillaume Pitron soulève un contrepoint inattendu : “Notre quête d’un modèle de croissance plus écologique a plutôt conduit à l’exploitation intensifiée de l’écorce terrestre pour en extraire le principe actif, à savoir les métaux rares, avec des impacts environnementaux encore plus importants que ceux générés par l’extraction pétrolière.”
« “Fier d’être un gay, fier d’être un visiteur gay dans un pays fier d’être Israël”. Aussi simplette semble-t-elle, la formule Lave Plus Rose cartonne, surtout quand la baise est mémorable. Ensuite, de réseau en réseau, dans leur sphère publique comme dans leur cercle d’amis, les gays de retour de Tel Aviv ne tarissent pas d’éloge sur leur séjour, et contribuent à remplir les charters de touristes homonationalistes émoustillés d’avance. […] Cerise sur le gâteau, Israël fait de sa politique ultrasécuritaire un joker. Pour jouir en toute quiétude, les gays d’aujourd’hui saluent la “sécurité” du pays ; comme ceux qui draguaient autrefois au Maroc ou en Tunisie cherchaient la “discrétion”. C’est le grand succès du pinkwashing : le séjour ludique à Tel Aviv prend le ton d’un pèlerinage politique. »
L'Américain Aaron Swartz était militant d'un Internet libre et ouvert, programmeur, activiste. Quatre ans après sa mort, à l'âge de 26 ans, ses écrits sont rassemblés dans un recueil publié en français. Sous le titre "Celui qui pourrait changer le monde".
L'humiliation éprouvée par le personnel de maison peut parfois prendre des tournures dramatiques, comme l’illustre le dernier Prix Goncourt.
Entre surveillance et spectacle, la mutation numérique transforme en profondeur nos sociétés et redistribue les cartes du pouvoir : le juriste américain Bernard Harcourt analyse cette évolution à travers son ressort, le désir, et ouvre la voie d'une critique par la désobéissance.
Dans son livre, Harcourt interroge ce qu’il appelle la “société d’exposition”, pour savoir si nous sommes dans une “société du spectacle” ou une société surveillée, panoptique… Qu’est-ce qui nous pousse à nous mettre sur l’écran ? Etre visible est devenu le moyen de communiquer et de s’organiser à l’heure des réseaux. Pourtant, malgré son talent visionnaire, Orwell dans 1984 nous promettait un futur écrasant tout désir. Nous sommes dans son exact inverse : l’exacerbation du désir. “Or ce sont les mêmes technologies qui créent du désir qui rendent possible la surveillance”.
via : http://alireailleurs.tumblr.com/post/146000332994/ni-foucault-20-ni-debord-20-france-culture
Dans son nouvel ouvrage Pour en finir avec les mafias - Sexe, drogue, clandestins : et si on légalisait ?, Emmanuelle Auriol, professeure à l’Ecole d’économie de Toulouse, propose plusieurs moyens pour lutter contre le crime organisé. Opposée à la vision étatique actuelle, faisant de la prohibition la seule solution pour éradiquer ces marchés, elle estime que des politiques publiques couplant légalisation, répression et éducation auraient de meilleurs résultats - qu’ils soient économiques ou sociaux.
Le photographe Niels Ackermann raconte les rêves de la jeunesse ukrainienne
«Ici, plus de gens meurent à cause de la drogue et de l'alcool qu'à cause de la radioactivité», raconte Kiril devant la tombe d'un ami tombé d'un balcon un soir de fête.
Cela dit, je me demande par contre si le titre est vraiment bien choisi (cfr http://www.levif.be/actualite/sante/la-sante-des-jeunes-belges-de-1986-affectee-par-tchernobyl/article-normal-489029.html)
"Les fondateurs de Booxup, application de partage de livres papier, ne s'attendaient certainement pas à une telle visite. Leur application permet d'enregistrer sa bibliothèque personnelle et de consulter celle des autres utilisateurs : dès lors qu'un titre intéresse, il suffit d'entrer en contact avec l'utilisateur, et de le rencontrer pour un éventuel emprunt. Un inspecteur de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes s'est présenté à la porte du bureau, et pas pour emprunter un livre..."
« En mars 2013, Isol, illustratrice argentine quasi inconnue en dehors du monde hispanique, décrochait l’Astrid Lindgren Memorial Award (ALMA), équivalent du Nobel dans le domaine de l’édition jeunesse. La distinction suédoise a permis une prise de conscience du dynamisme de la création éditoriale latino-américaine. Depuis, les récompenses internationales se succèdent, tout comme les traductions. »
« Anouar est un petit voyou de Bagdad que l’histoire va aspirer, bouleverser, transformer, entre son adolescence dans les années 1930, sous le mandat britannique, et l’après-guerre. Il est amoureux, fréquente une famille juive, il a des copains. Par l’intermédiaire d’un officier proche des Chemises noires irakiennes, il est repéré puis enrôlé en 1941, et il s’éloigne peu à peu de tous ses proches. Anouar sera ballotté comme un fétu de paille, mais restera longtemps dévoué à une cause, celle-là même que rappelle un de ses compagnons allemands, le rêve de « quelque chose de nouveau, une culture purifiée, la grandeur, la rigueur et l’ordre dans un monde pouilleux et en haillons ».»
"Face aux nouvelles normes de travail, de moins en moins stables, certains inventent des relations à l’emploi différentes, dans une recherche d’autonomie qui valorise l’individu. Le sociologue Patrick Cingolani décode ces modes de vie alternatifs."
Patrick Cingolani, Révolution précaire : essai sur l'avenir de l'émancipation, La Découverte, 2015
Editeur : LES LIENS QUI LIBERENT EDITIONS (4 mars 2015)
Présentation de l'éditeur
Pour la plupart des gens, le peer-to-peer évoque des réseaux où les utilisateurs peuvent échanger des documents. Michel Bauwens présente ici une vision bien plus large de ce concept qui est amené à s étendre à tous les aspects de la vie. En effet, pour la première fois dans l histoire, le peer-to-peer permet aux gens du monde entier de créer des choses ensemble une encyclopédie (Wikipédia), tout type d objet (avec les imprimantes 3D) ou bien de financer des projets (avec le crowdfunding).
Le modèle émergent du pair à pair veut contourner la logique de fausse abondance matérielle et de rareté artificielle de l immatériel. L auteur perçoit dans l enchevêtrement apparent de phénomènes nouveaux tels que l économie collaborative, l open source, le crowdsourcing, les Fablabs, les micro-usines, le mouvement des makers, l agriculture urbaine etc. , un modèle qui nous mène vers une société post-capitaliste, où le marché doit se soumettre à la logique des communs. L auteur dessine donc ici les énormes possibilités du nouveau système de pair à pair qui, loin de n être qu un nouveau mode de production, annonce en fait une révolution de la productivité qui va changer la société sur tous les plans ...
Car c est bien le germe d un nouveau paradigme qui est en train de voir le jour au sein du capitalisme. Pour sauver le monde, une relocalisation de la production et un développement de la collaboration mondiale sur le plan des connaissances vont révolutionner notre façon de produire, de penser et de vivre ensemble.