Quotidien Shaarli
March 26, 2026
"La colère est un levier puissant pour combattre les injustices et les inégalités dans la société et dans le monde. « Quand ses conditions de vie sont insupportables, par exemple, on a le droit de descendre dans la rue en hurlant sa colère. C’est une colère saine, pour la dignité, pour la restauration de l’estime de soi. Cela ne signifie pas que si on croise quelqu’un qui pense différemment de soi, on va lui casser la figure. Il a le droit de donner son point de vue. On va discuter avec lui. Ce n’est pas pour autant qu’on va taire sa colère ».
Mais une colère légitime peut aussi être l’objet de manipulations, dénonce le psychiatre. Et nourrir la haine de l’autre. C’est ce que font les partis populistes. « Ils disent aux gens : ‘On va vous expliquer pourquoi vous vous sentez incompris, malmenés, méprisés’. Pour le faire, ils choisissent la solution la plus simple qui soit : une cause unique à tout. Et cette cause unique à tout, ce sont les émigrés. Ils poussent les gens à passer d’une colère légitime, d’indignation, de protestation à une colère archaïque, de nouveau-né, de toute-puissance. C’est pour cela que je dis que la régression démocratique est aussi une régression psychique et que la régression psychique est aussi une régression démocratique »."
La colère et le chagrin. D’une émotion intime à sa mobilisation sociale, Serge Tisseron (Albin Michel)
"Nous ne comprenons pas les choix éditoriaux concernant les invité·es convié·es à commenter ces événements. Trop souvent, les plateaux sont occupés par des intervenant·es insuffisamment qualifié·es pour analyser des situations d’une telle complexité. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une maîtrise des contextes historiques et une capacité à mobiliser des analyses géopolitiques rigoureuses.
Nous dénonçons également un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de représentants israéliens sont fréquentes, parfois hégémoniques, alors même que le chef du gouvernement fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Dans le même temps, les représentants politiques des autres parties impliquées sont marginalisés, disqualifiés ou absents des grands espaces de débat. Cette asymétrie dans l’accès à la parole contribue à orienter la perception du public et à appauvrir la compréhension du conflit.
Nous condamnons fermement les commentaires de plateau qui, sous couvert d’analyse, relèvent trop souvent de prises de position approximatives ou idéologiques. Ils participent à une déshumanisation des victimes, réduisant les morts iraniens, libanais et palestiniens à des données chiffrées, déconnectées de toute réalité humaine, sociale et historique."