Hebdomadaire Shaarli
Semaine 22 (May 30, 2016)
Si la guerre contre la marijuana coûte cher et n’apporte pas les résultats attendus, pourquoi continuer? Les arguments antiprohibitionnistes reviennent sur le devant de la scène: légaliser cette substance permettrait de réduire le marché noir et d’améliorer la prévention auprès des consommateurs, sans compter les revenus que cela pourrait apporter à l’Etat. L’idée n’est pas nouvelle, et elle est devenue réalité dans le pays qui avait décrété, au début du XXe siècle, la guerre à cette substance: les Etats-Unis. Plusieurs Etats ont ainsi levé l’interdiction sur le cannabis.
Alors que le paquet neutre est promu par l'OMS (http://www.who.int/campaigns/no-tobacco-day/2016/fr/) et que, chiffres à l'appui, cette mesure - accompagnée d'autres - fonctionne (elle permet de réduire sensiblement le nombre de nouveaux (jeunes) fumeurs), on voit l'industrie du tabac sur la défensive.
Regardez les deux liens suivants qui apparaissent en même temps que la journée sans tabac :
🚬 Le premier, sous la forme d'une dépêche Belga (reprise par certains journaux - merci Le Soir), affirme que le paquet neutre serait couteux pour le trésor public, inefficace, encourageant la contrebande et surtout "que les belges n'en voudraient pas". Affirmations toutes faites, légitimées par un sondage Ipsos commandé et commenté par l'industrie du tabac elle-même...
http://www.belga.be/fr/press-release/details-54957/?langpr=FR
🚬 L'industrie du tabac met également en ligne un site web (et lance visiblement une campagne) intitulée "Marques mises à mort" avec un argumentaire contre le paquet neutre.
On y voit d'autres produits, mais ce n'est que des industriels du tabac (Cimabel, Fetabel et Tabaknatie) - et une compagnie de produits chimiques (Celanese) - derrière.
Beaucoup d'énergie contre une mesure qui, d'après eux, ne fonctionnerait pas... vous trouvez pas?
Barclays trouve pourtant un intérêt économique au paquet neutre : Ben oui, ça rend la concurrence et l'apparition de nouvelles marques plus difficile... En gros, ça protège le marché existant! Un comble!
Pourquoi l’industrie du tabac continue de dominer les marchés boursiers
http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021987421212-pourquoi-lindustrie-du-tabac-continue-de-dominer-les-marches-boursiers-2003045.php
Pour ne pas rester là dessus, voici un article d'actualité sur le paquet neutre, plus objectif, lui :
Bonus :
Le réseau actuel compte 59 stations, quarante ans après sa mise en service. D'ici un quart de siècle, 89 stations pourraient s’y ajouter. Une folie irréaliste? Pas tant que cela…
Lire la réponse critique de la députée bruxelloise Céline Delforge (Ecolo) : "Creuser 100 km de métro à Bruxelles ? Une fausse bonne idée de gens qui n’utilisent pas le transport public !"
http://celinedelforge.be/?p=421
La jeunesse bruxelloise se caractérise par une forte dualisation dans plusieurs domaines comme l’éducation, l’emploi ou le logement, selon une étude menée par cinq chercheurs de l’ULB et de la VUB et publiée dans la revue Brussels Studies.
L’enseignement, largement étudié, se caractérise par de fortes inégalités. «Les quelques statistiques désagrégées à l’échelle communale mettent en évidence la très forte dualisation des parcours scolaires au sein du territoire bruxellois. Les élèves résidant dans les communes les plus défavorisées sont ceux qui ont le plus tendance à suivre un enseignement technique ou professionnel, à l’inverse de ce qui se passe dans les communes plus aisées», notent les chercheurs. En plus de la hiérarchisation certaine des types d’enseignement et la présence d’écoles «ghettos» et élitistes, l’étude souligne que «les établissements d’enseignement secondaire, surtout de la filière générale, opèrent une ségrégation sociale et ethnique des publics notamment pas le biais du redoublement et de la réorientation scolaires. Ce processus contribue fortement à transformer les inégalités sociales en inégalités scolaires.»
Monsieur Geens, votre stratégie est d'une spectaculaire efficacité. Et, sur le plan tactique, que de belles plumes déjà à votre chapeau !
"La critique des syndicats et leur remise en cause ne sont pas neutres socialement, ne tiennent pas la route face aux faits et sont un vecteur de hausse des inégalités sociales. Elle montre aussi le déséquilibre du discours médiatique, celui-ci faisant le relais d’une vision plutôt qu’une autre, posant rarement la question des conséquences sociales."
Nous laissons derrière nous des centaines d'empreintes numériques chaque jour. Que sont-elles et comment les créons-nous?
Les règles comptables européennes ne permettent pas de différencier les dépenses de fonctionnement des dépenses d'investissement. Et comme sur base de cette comptabilité, les autorités européennes donnent des injonctions de trajectoires économiques, on comprend rapidement que l'équilibre budgétaire soit inatteignable pour les Etats.
Equilibrer son budget est impossible s'il faut intégrer l'entièreté de l'investissement l'année budgétaire où on investit. Et pourtant c'est ce que l'Europe demande à ses membres...
Bienvenue aux confins de l'absurdité des règles européennes! Celles édictées par une Commission aveuglée par l'idéologie du néoliberalisme et des politiques d'austérité.
"Que des travailleurs se battent pour préserver des conditions de travail leur permettant de réaliser au mieux leur mission ne paraît pas être déraisonnable. (...) Peut-être vous faudrait-il reconsidérer les priorités. Oser dire qu’il s’agit de privilèges d’un autre temps est l’aveu d’un aplatissement complet devant l’idéologie dominante. Nous en sommes gavé, mais c’est à vous, à votre métier, que devrait revenir le rôle de sentinelle en décryptant ce logos, cette raison folle qui pousse l’humanité à sa destruction. Cette balle, c’est vous qui la tirez dans le pied du journalisme."
Par la présente, je souhaite transmettre mon encouragement à mes con-citoyens qui sont grévistes aujourd’hui, le seront peut-être demain, ou lors des prochaines actions annoncées par les syndicats.
Je souhaite également communiquer ma joie de voir que des citoyens se mobilisent - enfin - pour préserver des jours de repos, obtenir un meilleur financement des services publics et de la justice, empêcher une augmentation de la charge de travail.
Il ne m’est encore jamais arrivé de prendre la plume pour commenter l’actualité, mais, cette fois, la lecture de la presse et, plus encore, des commentaires qui l’accompagne me donne, plus que jamais, la nausée.
Notre intérêt est du côté des syndicatsC’en est trop, et il est temps, je pense, de l’affirmer : face à la férocité du système économique actuel, notre intérêt à nous, citoyen, est d’exiger une redistribution des richesses efficaces, promouvoir la sécurité sociale, encourager la culture, bénéficier d’une justice bienveillante et accorder une attention particulière à l’enseignement. Et ceux qui les défendent, malgré tous leurs défauts de fonctionnement, sont les syndicats.
Notre intérêt n’est pas de foncer, tête baissée, vers une économie qui ne nous apporte pas plus de bien-être - et dont 80% des profits sont accaparés par 20% des plus riches.