Apparemment le ministre de la Mobilité a le souhait de rendre obligatoire le port des casques d'ici l'automne... Encore une approche dogmatique dans ce monde dédié à l'auto. Oui le casque protège... dans certains cas (en gros quand tu tombes tout seul, par contre, il est structurellement incapable de compenser le différentiel de masse et d'énergie lors d'un accident avec une voiture ou un camion). Dans la majorité des accidents mortels, à vélo, malheureusement, il ne sert statistiquement à rien.
Ce qui protège, c'est de limiter la vitesse est autres véhicules (zones 30km/h) là où on envoie des personnes à vélo rouler au milieu du trafic motorisé. Corollaire : à améliorer les infrastructures qualitatives pour soutenir la mobilité active...
Au passage, pendant de temps, on laisse les motos électriques (entendez les vélos électrique chinois, genre fatbikes non homologués et débridés - donc non assurés -) en vente libre et compliquer encore un peu plus la "cohabitation" et augmenter les risques pour tous...
Sur le projet d'obligation du part du casque : https://bx1.be/categories/news/le-port-du-casque-bientot-obligatoire-pour-les-velos-et-trottinettes-depassant-20-km-h/
Sur le casque : Le rapport "FLAM" (Facteurs liés aux accidents mortels) du Cerema (2021) souligne que les facteurs d'infrastructure et la masse des véhicules antagonistes sont des prédicteurs de mortalité bien plus puissants que le port ou non d'un équipement de protection individuelle.
https://www.cerema.fr/system/files/documents/2021/08/2021_08_06_flam_facteurs.pdf
Sur les fatbikes chinois : https://www.youtube.com/watch?v=m9GHBDJJ-CA
Les casques offrent une meilleure protection dans les accidents n'impliquant qu'un vélo, et «une protection limitée contre les blessures graves à la tête lors d'impacts à haute énergie ou lorsqu'un cycliste est renversé par un véhicule motorisé». Mais des travaux indiquent que les porteurs de casque sont peut-être moins susceptibles de subir un traumatisme crânien simplement parce qu'ils pourraient être plus prudents que d'autres cyclistes...
Pointer du doigt le non-port du casque revient à rejeter injustement la responsabilité sur les personnes les plus vulnérables sur la route, au lieu de cibler les risques à leur source (les autos, SUV, la vitesse, les mauvaises infrastructures...).
A propos de l'obligation du casque a vélo et de ses conséquence sur la pratique du vélo.
Attention spoiler : Le casque contribue à propager l'image que la pratique du vélo est dangereux et entraîne une diminution de l'usage du vélo...
"En fait, le casque vélo a l’immense avantage d’apparaître comme une solution simpliste à un problème compliqué. Dans la tête des gens, le problème est simple: « je suis à vélo, je me fais renverser par une voiture, je tombe et le casque va me sauver, donc le casque c’est bien ». Il s’agit par ailleurs d’une approche totalement individuelle centrée sur l’illusion de sécurité apportée par le casque. Or, le problème est beaucoup plus complexe que cela, avant de parler de casque, il faut parler du comportement des automobilistes, de la place laissée aux cyclistes sur la chaussée, voire même de la place du vélo dans l’imaginaire collectif. Il faut prendre en compte les conséquences d’une mesure individuelle sur les comportements collectifs des usagers. Autrement dit, il faut raisonner de manière globale et non pas du point de vue d’une simple mesure individuelle comme le port du casque."
Selon une étude de 2005 de la Sécurité Routière (lire ici), le vélo ne serait responsable que de 17% des blessures à la tête, derrière les accidents de piétons (26%) et des automobilistes (24%). Comment expliquer une telle focalisation sur le casque de vélo et pas sur le casque en voiture ou à pied par exemple ? Sait-on vraiment quelle proportion d'accidents le casque de vélo permettrait d'éviter ?
"Les raisons qui font que la sécurité n’est pas focalisée sur le port de casque en voiture sont encore méconnues au même titre que les incidents en noyade qui sont bien plus nombreux et pourtant sous-représentés. Il faut savoir que sur les derniers chiffres, il y a eu 155 morts en vélo dont un tiers en ville, les deux tiers restants sont des morts sportifs, c’est-à-dire en dehors des agglomérations. Nous ne savons toujours pas pourquoi la focalisation reste sur les victimes en vélo alors que les accidents mortels de la vie courante par exemple sont bien plus importants. Le dernier chiffre s’élève à environ 6800 morts dans des accidents de tous les jours."
"Une chose est sûre, le casque en vélo au-dessus de 20 km remet en cause son efficacité. En dessous de 20 km, nous pouvons estimer que le casque est une protection, au-dessus, cela semble assez complexe. Or, la majorité des chocs sont estimés au-dessus des 20 km car ils sont constatés en dehors des villes, dans un usage sportif. Les accidents en ville sont principalement des altercations avec des automobiles."
"La focalisation sur le casque est dramatique car elle fait oublier l’aspect éducationnel de la pratique du vélo, à commencer par le respect du code de la route et autres règles civiques. A cela s’ajoute le côté pervers du port du casque vis-à-vis des automobilistes qui sont moins vigilants en pensant que le casque est une protection suffisante."
"Dans tous les pays où le port du casque est obligatoire, une réduction de la pratique a été constatée. Obliger les cyclistes à porter un casque en dehors des pratiques sportives est négatif car cela représente une contrainte."
"Comme on l’a vu, la question est loin d’être simple et les réponses sont parfois même contradictoires. Mais c’est encore plus complexe qu’il n’y parait. Par exemple, par modélisation on peut montrer que les bénéfices en terme de santé apportés par une pratique du régulière du vélo (avec ou sans casque) dépassent largement les risques (absolus) d’accidents. Les infrastructures routières et le nombre de cyclistes semblent aussi être des facteurs décisifs pour diminuer ce risque (absolu) d’accidents: plus les infrastructures sont présentes, plus les cyclistes sont en nombre et moins d’accidents il semble se produire. L’exemple du Danemark est à ce titre exemplaire.
Si vous vous posez la question à un niveau individuel, il s’agit principalement d’évaluer ce risque absolu d’accident. Selon le lieu où vous vous trouvez, la manière dont vous faites du vélo (je connais quelques spécimens qui feraient bien de porter un casque!), les infrastructures présentes, l’âge que vous avez, etc., il peut être sage de porter le casque…du moment où ça ne vous décourage pas d’en faire."