Hebdomadaire Shaarli
Semaine 13 (March 23, 2026)
Partout en Europe, les législateurs continuent d'écouter les entreprises énergétiques établies, qui ont besoin d'un soutien politique vital pour survivre, au lieu de soutenir des technologies qui sont déjà viables sur des marchés ouverts. Les énergies renouvelables ont peut-être eu besoin d'un coup de pouce à leurs débuts. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Les permis d'exploitation énergétique doivent être considérés comme des priorités de sécurité nationale, au même titre que les acquisitions de défense. Si l'obtention d'un permis pour un parc éolien prend huit ans, alors qu'une guerre peut bloquer un détroit en huit heures, le système d'autorisation constitue un handicap stratégique.
"La tentation serait pourtant d’y voir la preuve d’un manque de respect généralisé. L’étude nuance ce jugement. Si le tabagisme s’est socialement concentré dans certains milieux, le geste de jeter un mégot traverse toutes les catégories. Il dépend souvent de circonstances très concrètes : l’attente, la consommation d’alcool, l’effet de groupe, l’absence de cendrier ou simplement une habitude ancienne. Surtout, une minorité de personnes – et de mégots – suffit à transformer l’apparence d’un lieu. Selon les spécialistes interrogés dans cette enquête, 10 à 20 % d’individus indifférents peuvent dégrader durablement un espace et enclencher ce cercle bien connu des urbanistes, qu’on pourrait résumer à cette formule : «Le sale appelle le sale.»
Mais au-delà de la question des déchets, ce que révèle vraiment cette enquête touche au cœur du lien civique. La propreté d’un lieu reflète souvent le degré d’appropriation collective de l’espace public. Là où les habitants, les commerçants et les usagers se sentent responsables d’un quartier, les comportements respectueux se diffusent plus facilement. À l’inverse, l’anonymat, la surfréquentation ou l’absence de lien social favorisent les incivilités du quotidien.
Observer les mégots n’a donc rien d’anecdotique. Derrière ces petits déchets se cache un enjeu bien plus vaste que la propreté urbaine : notre capacité à considérer l’espace public comme un bien commun. En somme, ce que nos mégots disent de nous, c’est notre manière de faire société."
La France vue du sol. Quand la géographie des mégots révèle les mutations des territoires, par Jean-Laurent Cassely, Institut Terram, janvier 2026.
« Les jeunes sont accros aux réseaux sociaux à cause de la dopamine. » Cette phrase, devenue un lieu commun des débats publics, mérite qu’on s’y arrête — elle est au mieux dangereusement incomplète. Et pour cause : nous l’avons déjà entendue. Il y a trente ans, certains gros titres affirmait que l’addiction aux drogues n’était rien d’autre qu’une maladie cérébrale, réductible à une perturbation du circuit de la récompense. Aujourd’hui, le même raccourci neurobiologique migre vers les écrans — comme si la leçon n’avait pas été tirée.
Le champ des addictions a emprunté ce raccourci à de trop nombreuses reprises. Depuis les travaux fondateurs d’Olds et Milner (1954) sur les circuits de la récompense jusqu’aux recherches de Volkow et al. (1993) sur les récepteurs dopaminergiques, la neurobiologie a progressivement imposé sa grille de lecture. Alan Leshner, directeur du National Institute on Drug Abuse (NIDA) — qui finance la grande majorité des recherches dans le domaine des addictions —, l’a cristallisée en 1997 dans une formule restée célèbre : « Addiction is a brain disease. » Ce modèle a eu des effets réels — réduction d’une forme de stigmatisation, légitimation de traitements ou mobilisation de financements. Mais il a aussi renforcé un angle mort : en centrant l’explication sur le cerveau individuel et la pathologie, il a rendu invisibles les déterminants sociaux, économiques et commerciaux des conduites addictives et des consommations, et affaibli le débat sur la régulation des industries qu’elles soient légales et illégales.
L'administration Trump et un réseau de think tanks d'extrême droite s'attaquent de plus en plus à la réglementation numérique de l'UE et aux règles de modération des contenus. Les eurodéputés d'extrême droite se sont emparés de ce discours, tandis que les entreprises technologiques espèrent en tirer profit.
"Nous ne comprenons pas les choix éditoriaux concernant les invité·es convié·es à commenter ces événements. Trop souvent, les plateaux sont occupés par des intervenant·es insuffisamment qualifié·es pour analyser des situations d’une telle complexité. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une maîtrise des contextes historiques et une capacité à mobiliser des analyses géopolitiques rigoureuses.
Nous dénonçons également un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de représentants israéliens sont fréquentes, parfois hégémoniques, alors même que le chef du gouvernement fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Dans le même temps, les représentants politiques des autres parties impliquées sont marginalisés, disqualifiés ou absents des grands espaces de débat. Cette asymétrie dans l’accès à la parole contribue à orienter la perception du public et à appauvrir la compréhension du conflit.
Nous condamnons fermement les commentaires de plateau qui, sous couvert d’analyse, relèvent trop souvent de prises de position approximatives ou idéologiques. Ils participent à une déshumanisation des victimes, réduisant les morts iraniens, libanais et palestiniens à des données chiffrées, déconnectées de toute réalité humaine, sociale et historique."
In theory, OOXML (Office Open XML) is an ISO/IEC standard (ISO/IEC 29500), despite heavy technical criticism being raised by many parties during the process and completely ignored by ISO/IEC. This shows that it is not a standard, let alone an open standard.
The following is a summary of these criticisms:
Complexity of specifications: the standard is extremely voluminous (~7,000 pages), making it virtually impossible for third parties to implement correctly. This contrasts sharply with competing standards such as ODF, which are much more concise.
Implementation inconsistencies: Microsoft Office applications do not implement the standardized version (ISO/IEC 29500 Strict), but use the “Transitional” variant, which includes compatibility features with legacy formats that contradict the stated goal of being a clean, modern, and above all open and standard format.
Proprietary dependencies: The specifications refer to several undocumented legacy behaviors of previous versions of Microsoft Office and require implementers to decode Windows-specific features to achieve compatibility.
Binary blob remnants: Despite being based on XML, OOXML incorporates binary data structures in many places, particularly for backward compatibility with legacy formats, and this compromises the transparency that XML should guarantee.
Platform-specific elements: The standard contains Windows-specific elements related to fonts, rendering, and other system behaviors that make any cross-platform implementation difficult or even impossible.
Controversy over the standardization process: The fast-track approval process adopted for OOXML by ISO/IEC was highly controversial, with allegations of procedural irregularities and vote manipulation raising legitimate doubts about the validity of the standard.
"La colère est un levier puissant pour combattre les injustices et les inégalités dans la société et dans le monde. « Quand ses conditions de vie sont insupportables, par exemple, on a le droit de descendre dans la rue en hurlant sa colère. C’est une colère saine, pour la dignité, pour la restauration de l’estime de soi. Cela ne signifie pas que si on croise quelqu’un qui pense différemment de soi, on va lui casser la figure. Il a le droit de donner son point de vue. On va discuter avec lui. Ce n’est pas pour autant qu’on va taire sa colère ».
Mais une colère légitime peut aussi être l’objet de manipulations, dénonce le psychiatre. Et nourrir la haine de l’autre. C’est ce que font les partis populistes. « Ils disent aux gens : ‘On va vous expliquer pourquoi vous vous sentez incompris, malmenés, méprisés’. Pour le faire, ils choisissent la solution la plus simple qui soit : une cause unique à tout. Et cette cause unique à tout, ce sont les émigrés. Ils poussent les gens à passer d’une colère légitime, d’indignation, de protestation à une colère archaïque, de nouveau-né, de toute-puissance. C’est pour cela que je dis que la régression démocratique est aussi une régression psychique et que la régression psychique est aussi une régression démocratique »."
La colère et le chagrin. D’une émotion intime à sa mobilisation sociale, Serge Tisseron (Albin Michel)
On peut bien sûr utiliser l’IA pour tricher ou se soustraire à un devoir. Mais la multiplication de ses usages dans l’enseignement supérieur – et les bouleversements qu’ils annoncent – posent une question bien plus fondamentale : à mesure que les machines deviennent capables d’assumer une part croissante du travail de recherche et d’apprentissage, que devient l’université ? À quoi sert-elle encore ?
"Dans un livre blanc récent, nous soutenons qu’à mesure que les systèmes d’IA gagnent en autonomie, les enjeux éthiques de leur utilisation dans l’enseignement supérieur s’intensifient – tout comme les conséquences potentielles qui en découlent.
À mesure que ces technologies deviennent plus performantes dans la production de travaux intellectuels – concevoir des cours, rédiger des articles, proposer des protocoles expérimentaux ou résumer des textes complexes – elles ne se contentent pas d’accroître la productivité des universités. Elles risquent aussi de vider de sa substance l’écosystème d’apprentissage et de mentorat sur lequel ces institutions sont fondées – et dont elles dépendent pour exister."